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RCC 2010 : analyse des résultats 22/08/10
En regardant de plus près les résultats, on réalise un peu mieux l'écart entre les Irlandais et les autres.
RCC 2010 : la classe 3 22/08/10
La classe 3 à la Commodore's 2010 regroupait probablement ce qui se fait de mieux dans cette bande de rating.
Le UK IRC National Championship selon Prime Time 28/06/10
Habituellement, nous ne racontons pas nos régates, mais celle-ci est suffisamment instructive pour mériter un article.
Tour d'horizon 28/05/10
Avec un peu moins de temps à consacrer au site, j'ai surtout écrit des "unes", souvent sur l'IRC2. Hors 7 épreuves du Trophée Atlantique se sont déroulées et chez nos amis anglais la saison est bien avancée, cela mérite un papier.
Retour sur le Spi 2010 07/04/10
Quelques retours sur les pronostics et quelques mots de plus sur l'IRC2.
Pronostics pour le Spi 22/03/10
Comme chaque année, le périlleux exercice des podiums du Spi. (Modifié pour prendre en compte la présence de Selden en IRC4 et celle de Best Composite en IRC5, modifié pour prendre en compte la présence d'Alex Mercier en A35)
2nd week-end SNT 09/02/10
Après deux week-ends, où en sont les IRC2 ?
News
Le Fastnet selon Prime Time (posté par primetime le 17.08.2009 )
La course sera racontée dans la télémétrie. Il y aura aussi une video car nous avons fait quelques films. Pour l'instant, un post sur ce qui n'apparaît pas dans notre tracé.
Tout d'abord, le bonheur, pendant et après. Nous régatons tous depuis un bon moment mais je crois que pour chacun d'entre nous cette régate représente notre plus grand moment de voile. Le passage de la ligne, le moment où le pointeur sur la digue au milieu de la nuit indique à la VHF "FRA 34634, you have passed the line, and by the way, well done" est un plaisir inouï pour un régatier amateur. Nous avons vraiment eu le sentiment d'être à bloc, de bien naviguer, le tout dans une ambiance extrêmement sérieuse mais sans aucune tension. Il n'y a jamais eu un mot prononcé plus haut que l'autre pendant la régate. Plus exactement, je me suis énervé une fois sur un équipier qui faisait un commentaire positif sur le fait que le vent rentrait un peu alors que nous étions à 25 milles de l'arrivée. Il nous fallait exactement l'inverse. Nous avions subit une énorme molle devant Lizard durant laquelle Parsifal s'était beaucoup rapproché car derrière il y avait encore du vent. Il n'était plus qu'à environ à 15 milles de nous. Si le vent rentrait fort, il pouvait nous battre, s'il y avait de la molle, il ne ferait jamais les 15 milles dans le temps que nous lui rendions. J'ai donc expliqué de façon assez "franche et claire" qu'il ne fallait pas que le vent rentre. Cela a été le seul incident de la course.

Toujours au sujet de Parsifal, il ne faut pas penser que notre victoire est due a l'arrêt du vent. Le RORC calculait un classement en temps compensé en permanence, je crois que nous avons pris la tête mardi après-midi et nous ne l'avons jamais lâchée. Lorsque nous avons ralenti à Lizard, Parsifal s'est rapproché mais est resté second. Là où il était, il y avait encore du vent. Il a ensuite atteint la terrible zone de molle qui nous avait freiné et l'écart s'est à nouveau creusé jusqu'à un stade où il ne pouvait plus revenir. Finalement, il n'a pas retrouvé de vent derrière. Cela lui coute deux places. Deux gros IRC2 qui étaient derrière lui en compensé sont passés avec nous. L'équipe de Didier Dardot méritait la seconde place.



L'organisation du bord a très bien fonctionné. Nous avions 3 barreurs, 2 GV, un navigateur hors quart et deux embraqueurs. Les barreurs tournaient toutes les 90 minutes et les autres toutes les deux heures. Les plus gros dormeurs dormaient 6 heures par jour et les plus dopés à l'adrénaline entre 3 et 4 heures, toujours par tranche de moins de 2 heures de sommeil effectif. Notre matériel de cuisine pour 8 personnes pour 5 jours était limité à une bouilloire, 4 cuillères à soupe, une petite cuillère et un couteau, et pourtant je n'ai jamais aussi bien mangé à bord d'un bateau. La bouilloire a été inspectée avant le départ pour vérifier qu'elle n'allait pas se mettre à fuir ce qui aurait posé un vrai problème…

Cela nous emmène à la préparation du bateau. Le papier sur le site du RORC retranscrit très bien le message que j'ai voulu faire passer. Notre succès vient de trois paramètres:
- nous allons vite, c'est notre formation inshore
- notre équipage était multi compétences et a parfaitement fonctionné dans une atmosphère formidable.
- nous n'avons rien laissé au hasard.

C'était à l'automne dernier, nous avons dessiné une bannette cadre pour la cabine arrière et l'avons fait fabriquer. C'était au mois de novembre, Prime Time était au sec. Il devait être 20 heures, Il n'y avait plus personne sur le terre plein. Pour finir notre journée d’hivernage, nous avons commencé à essayer de tendre des ficelles dans tous les sens au travers du carré pour voir comment nous pourrions accrocher les sacs avec nos affaires pendant les offshores. C'était au mois de Mai à l'Obelix, nous avons gouté le soir les lyophilisés que nous allions manger, et testé les boissons et les barres de céréales pendant la régate. C'était au mois de mai, à Paris, ceux qui sont sensibles au mal de mer ont testé le Sturgeon pour voir si cela les faisait dormir (et dans un cas, cela a été radical). C'était au mois de juillet, nous avons testé le fonctionnement de l'Iridium pendant la Channel Race. C'était la semaine avant la course, nous avons déterminé le contenu du sac de chacun. Alors bien sûr, on peut juger que cette attitude est proche de la démence. Je l'admets. Inversement, il faut savoir ce que l'on veut. Une course est tout sauf amicale, les autres sont là pour vous battre, si on veut faire mieux qu'eux, il faut en faire plus.




Nous avons su attaquer quand cela nous semblait opportun. De façon générale, nous étions toujours à bloc, personne ne dormait sous le vent, nous réveillions les équipiers pendant leur sommeil pour qu'ils aillent dormir plus à l'avant ou plus à l'arrière en fonction de l'évolution du vent. Mais il y a aussi eu les phases d'attaque. A ce moment là, nous passons en mode inshore, plus personne à l'intérieur, réglage incessant. Nous ne sommes pas capables de faire cela pendant cinq jours, il faut donc choisir ses moments. La première phase a été du mardi après-midi jusqu'au passage du Fastnet, nous étions persuadé d'avoir une trajectoire idéale en mer d'Irlande. Il y avait environ 16 nœuds de vent. Il n'y avait plus qu'à foncer. Je suis le seul à avoir dormi deux heures à l'intérieur car je n'avais pas beaucoup dormi la journée précédente. Les autres ont dormi dans les filières. De même, sous spi le mercredi après-midi quand nous avons commencé à loffer et que les vagues étaient significatives, nous avons surfé chaque vague, le winch a chauffé, la gaine de l'écoute a commencé à se transformer en poudre. Nous avons du refroidir l'ensemble avec des seaux d'eau. J'avais déjà lu des concurrents du TFV raconter la même situation mais je croyais que c'était exagéré. Je me trompais.

Enfin, nous avions réalisé en inshore que le bateau était un sport mécanique. Nous avons compris en offshore qu'il était technologique. Les fichiers Grib, l'iridium, le logiciel de routage sont des outils fondamentaux du bord. Au milieu de la mer d'Irlande, nous nous sommes retrouvés sous Excel à ajuster la polaire pour prendre en compte que certains angles n'étaient pas possibles avec ces vagues. C'était nécessaire pour calculer des routages utilisables. Avoir un navigateur à l'aise avec tout cela est fondamental.

Notre conclusion est que l'on peut gagner le Fastnet si l'on s'acharne sur le sujet. Est-ce que cela en vaut la peine ? Chacun peut se faire une opinion. Pour moi, c'est oui.
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